LEROY GRANNIS, RON CHURCH & WILL ADLER AU GARAGE
À l’occasion du sixième Hotdogger Surf Festival, la galerie Catherine et André Hug présente une exposition réunissant trois figures majeures de la photographie de surf : LeRoy Grannis, Ron Church et Wil Adler.
Organisée du 22 mai au 30 septembre à Le Garage, en collaboration avec Hotdogger, l’exposition met en dialogue trois regards singuliers autour de l’univers du surf.
Entre culture californienne, énergie documentaire et approche contemporaine, les œuvres dévoilent différentes visions d’un même territoire : celui de la liberté, du mouvement et du rapport à l’océan. Une traversée photographique où le surf devient autant un mode de vie qu’un langage visuel.
Un événement en avant-première de notre exposition de planches de collection, le Hotdogger Vintage Show qui, elle s’installera le 10 juillet juste en face au Regina Experimental.
LeRoy Grannis (1917-2011), celui qu’on surnommait “Le Parrain”, a grandement participé à la naissance de la culture surf grâce à ses clichés. Plongé très tôt dans l’océan par l’intermédiaire de son père, il est contraint de rejoindre l’armée américaine en 1943 et de prendre part à la Seconde Guerre mondiale. Une fois la paix revenue et les États-Unis au centre de l’attention, il parcours le pays et notamment sa Californie natale durant les Sixties. Il cherche à photographier les premiers surfeurs et surfeuses qui s’essayent à l’exercice difficile qu’est celui du domptage des vagues. Un travail au bord de l’océan mais aussi directement au line-up qui lui vaut une reconnaissance dans le milieu, et qui continue d’inspirer quinze ans après sa disparition.
Ron Church (1934-1973), Coloradien d’origine, découvre le surf lorsqu’il arrive à Los Angeles avec ses parents au milieu des années 1940. Après des études de photographie à l’Art Center School of Design de Pasadena, il décide de documenter la vie sur la côte californienne, une vie rythmée par les vagues qui déferlent incessamment et qui attirent toujours plus de monde. Ses clichés dans un noir et blanc profond servent de véritable fenêtre ouverte sur la culture surf au pays de l’Oncle Sam (Californie, Hawaii). Il s’essaye également à la photographie sous-marine, un grand succès puisqu’il est plusieurs fois primé pour son travail et même repéré par le célèbre commandant Cousteau avec qui il embarque durant ses expéditions à travers les océans et les mers.
On le découvrait dans notre cinquième numéro, il y a une dizaine d’années. Alors âgé d’à peine trente ans, Will Adler s’imposait par son regard et son sens du détail. Il recrée à notre époque une forme d’iconographie éternelle du surf dans des images qui prennent toute leur valeur en grand format. Il est aujourd’hui un photographe reconnu qui vend ses plus beaux tirages en galerie. Compagnon de route du spectaculaire Morgan Maassen (voir Hotdogger #17 et la couverture de ce numéro) dont il partage le sens du cadre et du moment suspendu, il cultive des couleurs plus éthérées et repousse toujours davantage la composition de ses œuvres vers la peinture et une expression graphique sensible. Sur l’affiche de notre exposition photo organisée dans le cadre du Hotdogger Surf Festival, c’est le line-up de la vague de Waikiki (Oahu, Hawaii), cette zone où les surfeurs attendent la prochaine série et sont contraints de faire société quel que soient leur niveau et la taille de leurs planches. Une ligne d’horizon mouvante où tout commence.