LES DEUX MONSTRES
Jérôme Sayhoun admire ce tube de la taille d’un bus à impériale. © Bastien Bonnarme
Il y a bien sûr Mullaghmore, l’incroyable gauche aux houles gigantesques qui n’est pas loin de détrôner la célèbre Nazaré. Mais à ce titan des mers correspond une voisine tout aussi puissante et tubulaire située elle aussi, en Irlande, ce rivage devenu incontournable dans la galaxie du surf de gros. Le photographe Bastien Bonnarme est parti avec les surfeurs Jérôme Sayhoun et Benjamin Sanchis à l’assaut des deux monstres. Des images qui se suffiraient presque à elles-mêmes.
Chez Bastien Bonnarme, l’exceptionnel s’use à force d’être fréquenté. « Il n’y a rien de particulièrement dingue à raconter de ce voyage irlandais. Il ne s’est pas passé grand-chose en dehors d’une grosse session de surf. » Habitué aux journées XXL souvent shootées en aqua, le photographe landais (qui n’a plus rien à prouver dans le surf de gros) arrive ici à banaliser l'exceptionnel. Car ce qui s’est passé le 18 décembre dernier en Irlande n’a rien de bien normal.
« Sur le papier, les conditions s'annonçaient épiques. Ils n'avaient pas eu ça depuis le Covid. J’ai pris la décision de partir avec Jérôme (Sahyoun), Sancho (Benjamin Sanchis), Matthieu Etxebarne et Julian Reichman. De mon côté, j’y suis allé sans pression, je n’avais pas vraiment de commande particulière. J’ai fait ce que j’avais à faire pour moi. » Les gars surfent dès le premier jour. « Le matin, très tôt, il y a eu deux bombes, puis le swell est retombé très vite. » Vent fort, lumière capricieuse, eau verte et froide, plan d’eau difficile à lire…
Ici, les conditions sont rudes. Il faut dire que l’Irlande n’a rien d’un terrain de jeu confortable. « Nic Von Rupp a pris une belle vague. Clément Roseyro aussi, tout comme Conor Maguire. Ensuite, Natxo (Gonzalez) et Tom Lowe ont pris deux bombes à la rame. Globalement, ça s’est plutôt bien passé. » Bastien le reconnaît volontiers, c’est le genre de session où tu ne sais jamais vraiment qui va faire quoi. « Tu n’es pas chez toi, les mecs rament, l’organisation est un peu floue. » Après une belle première journée, Bastien décide le lendemain de délaisser Mullaghmore et de filer surfer une droite un peu plus loin avec Jérôme Sahyoun et Benjamin Sanchis. Sans planches pour ramer, l’équipe préfère ne pas monopoliser le spot avec les jets. « Cette droite, c’est une vague un peu traîtresse. Elle est en amande et donc vraiment difficile à surfer. » Là-bas, en aqua, Bastien se prend une sacrée secouée. « Je me suis fait démonter, c’était copieux. J’avais le gilet de Sancho, mais il ne s’est pas gonflé. » À la force des palmes, le photographe fait au mieux. « Ça bougeait beaucoup, ce n’était pas simple. J’ai eu quelques images, mais pas exactement ce que je voulais. » On s’en contentera !
Retrouvez l’intégralité de ce reportage photo dans le nouveau Hotdogger #36.